Pourquoi Eunomie veut des syndicats dans les armées ?

Les APNM se vantent de représenter les personnels. Or, pendant la crise du COVID19, celles-ci ont été particulièrement complaisantes, notamment en Gendarmerie vis à vis de la Direction Générale. Malgré la souffrance exprimée par les personnels, les APNM n’ont eu de cesse de défendre les décisions du DGGN. Nous nous étions alors questionnés sur le fait qu’elles soient félicitées de cette complaisance, cela a été le cas: les présidents et vice-présidents de GendXXI et APNM gendarme et citoyen ont été bénéficiaires de la prime Covid19 de 660 euros.

Ces APNM ne sont clairement pas au rendez-vous de ce que mérite les militaires.

Pourquoi des syndicats ? Pour vous donner ce dont vous avez droit !

Droit à un syndicat indépendant, libre de ses propos et dont les dirigeants sont des actifs comme vous, sans poste de complaisance et autres primes exceptionnelles.

Ces conditions permettent en toute honnêteté, avec justice et moral:

  • De vous informer ;
  • De veiller à un fonctionnement sain de votre arme ;
  • De vous protéger des us et coutumes du commandement qui vont à l’encontre des instructions et circulaires ;
  • D’ester en justice à vos côtés ou indépendamment ;
  • De mettre un terme aux pressions et à l’intimidation ;
  • De mettre un terme aux divisions, en commençant par supprimer la PRE ;
  • D’améliorer les conditions de travail ;
  • De défendre certaines actions devant les médias ;
  • De porter à la connaissance des politiques et des médias les dysfonctionnements.

Un syndicat n’est pas obligatoirement gangréné. Nous voulons croire à un syndicat ayant de l’honneur et de la grandeur.

Un militaire ou un gendarme, ayant de bonnes conditions de travail et du matériel adéquat, sera plus à même à gérer correctement une intervention, sans craindre un risque de dérapage.

Enfin, les syndicats veilleront de l’intérieur à ce que le pouvoir politique n’instrumentalise pas et ne se serve pas indûment de la force publique. Le lien au peuple ne doit sous aucun prétexte s’atténuer et les syndicats s’assureront de l’application de l’article 12 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789: « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ».

Pourquoi des syndicats ? Car c’est un droit de l’Homme !

Doit prévu par la Convention Européenne des Droits de l’Homme: article 11. La jurisprudence précise que des restrictions peuvent être apportées mais celles-ci ne doivent pas priver les militaires du droit général d’association (dont le syndicat n’est qu’une modalité) pour la défense de leurs intérêts professionnels et moraux : elles peuvent toucher aux modes d’action et d’expression d’une association professionnelle mais pas à l’essence du droit lui-même, lequel comprend le droit de former et d’adhérer à une telle association.

Ce combat est déjà lancé.

Suite à la mise en demeure du général d’armée Christian Rodriguez, DGGN, des membres du bureau d’Eunomie, de profession gendarmes, ont du démissionner de leur fonction associative.

Une procédure judiciaire a donc été lancée.

Si vous voulez faire de ce combat le vôtre, n’hésitez pas à adhérer à Eunomie ou à faire un don.

Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.

Bertolt BRECHT, 1898-1956, Dramaturge