L’effondrement du modèle Gendarmerie

La Gendarmerie, c’est la proximité, le logement en caserne et la disponibilité permanente (comprendre astreinte).

Enfin, la Gendarmerie, c’est aussi la critique permanente du modèle Police.

Pourtant aujourd’hui, quel est le constat ?

Sur la proximité

Depuis 2003 et la création des communautés de brigades, que les anciens qualifient d’échec, le gendarme s’est éloigné du citoyen. Aujourd’hui, le Directeur Général veut tendre vers des dispositifs de gestions des événements (DGE) dans tous les départements (ref: Déclarations du DGGN du 07/10/2020 devant la Commission de la Défense de l’Assemblée Nationale). Concrètement, il s’agit d’un service de police secours avec des gendarmes intervenant dans des lieux qui leurs sont méconnus voir inconnus, se confrontant à des services et citoyens qu’ils ne connaissent pas.

Des brigades dites multi-rôles sont également testées ici et là. Il s’agit de structure regroupant toutes les unités de gendarmerie (BT, BR, PSIG, BMO).

Sur les astreintes

La Gendarmerie, sous contrainte, ouvre les yeux doucement et s’aperçoit que l’état de droit doit s’appliquer en son sein. Elle cherche donc par tous moyens de diminuer les astreintes de ses personnels. La DGE en est le sombre résultat.

Pourtant, ce dispositif ne pourra à lui seul satisfaire les prescriptions de la directive européenne sur le temps de travail.

Sur le logement en caserne

A ce jour, 13% des logements concédés par nécessité absolue de service sont hors caserne. Sur les 40% qui sont en caserne domaniale, leur état est dans la majorité des cas pitoyable. En effet, en 13 ans, le budget d’investissement immobilier a diminué de 84%. Tous les chiffres ici.

La conclusion

La Gendarmerie s’illusionne toujours de son modèle. Elle ne s’est pourtant jamais donnée les moyens de le sauvegarder, et ce, au détriment des personnels. Convaincue que celui-ci était inébranlable, aucune anticipation n’a été faite. Et quand le droit et l’actualité s’abattent, des mesures à la va-vite sont prises.

Comment un brigadier, dans la réalité d’aujourd’hui, peut-il être performant sur le spectre complet qui va du relationnel avec le retraité de l’arme à l’intervention sur une attaque terroriste? Sans oublier la sécurité routière et la police judiciaire, dont les procédures se complexifient, mais dont il n’y a aucune formation continue. On préfère former ce gendarme à tout faire à l’intelligence artificielle !

Plus le temps avance, plus le fonctionnement de la Gendarmerie tend vers celui de la Police qu’elle a tant critiqué. Seulement elle ne dispose pas des mêmes moyens humains.

Le déni de réalité dont elle a fait preuve depuis des années allié à son orgueil décliné devant les représentants de la Nation, la Gendarmerie n’a pas su obtenir les moyens nécessaires à la survie de son modèle. Et celui-ci, accéléré par des décisions de justice qui viendront l’enjoindre à respecter le droit, ne pourra que s’effondrer.

“Commander c’est prévoir”, décidément, la Gendarmerie est-elle encore militaire?

La publication a un commentaire

Les commentaires sont fermés.