La Gendarmerie éteint sa flamme de la police judiciaire. Tant pis pour le citoyen !

C’est avec douleur que plusieurs sympathisants nous ont écrit. Cette douleur est née de l’audioconférence tenue par le directeur général de la Gendarmerie nationale en fin d’année 2020.

D’après leurs témoignages concordants, le DGGN, sans état d’âme, a clairement indiqué que la police judiciaire n’était pas une priorité.

Pourquoi? Car il pose le constat suivant: les réponses pénales apportées aux enquêtes judiciaires ne sont pas à la hauteur des coûts humains et matériels engagés.

Ainsi les gendarmes devraient laisser les enquêtes longues et fastidieuses à la Police nationale et bâcler les « petites » enquêtes.

Sans se démonter, il aurait ajouté que ce ne sont pas les magistrats (ndlr: bien qu’ils contrôlent l’exécution de la police judiciaire) qui font la notation et l’avancement des gendarmes !

Il n’en fallait pas plus pour heurter profondément les personnels de la gendarmerie. C’est ici un coup de sabre à 5 étoiles qui a été porté à leur engagement.

Pour qui se prend le DGGN?

La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Article 12 de la déclaration du 26 août 1789 des droits de l’homme et du citoyen

Ce n’est pas à lui de décider que la police judiciaire doit être écartée car elle prend trop de temps eu égard aux réponses pénales apportées.

Ce n’est pas à lui de décider que les plaintes des citoyens doivent être regardées en devançant les réponses qui pourront être apportées par les magistrats.

Par contre, c’est bien à lui de dénoncer si son institution manque de moyens. Et pourtant, devant les représentants de la Nation il ne fait que vendre du rêve, #répondreprésent #résilience #IA #DGE #Onestlesmeilleurs.

Aveuglé par la communication, le DGGN s’est perdu dans les travers de celle-ci, privilégiant le paraître aux résultats. Les gendarmes et les citoyens ne sont pas dupes.

La Gendarmerie n’est pas une société, il n’y a pas de rentabilité à rechercher. Il faut tendre vers l’efficience certes mais sans rien soustraire aux droits des gendarmes et des citoyens. C’est pour eux que la Gendarmerie existe !

Le gendarme défend l’État de droit qui fonde la République et il agit dans le respect des conventions internationales, des lois et des règlements. Il refuse d’exécuter un ordre manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. Il n’use jamais de sa qualité pour en tirer un avantage personnel. Le serment qu’il prête solennellement devant l’autorité judiciaire, gardienne des libertés individuelles, est le symbole fort de son engagement.

Article 5 de la Charte du gendarme

Nous vous parlions il y a quelques semaines de l’effondrement du modèle gendarmerie. Un pas de plus a été fait.